Le Musée du Parasite de Tokyo: Virginité et Fleur de viande

 

Un ver solitaire de neuf mètres de long, un petite méduse qui vous ronge les tripes et y fait son nid, des cafards jaunes qui évoluent entre les replis du cerveau: ce sont quelques-uns des parasites que l'on peut admirer au Parasitological Museum de Tokyo, un espace libre où l'on entre avec l'intention de se marrer un bon coup et d'où l'on sort avec (la gerbe et) la certitude profonde que plus jamais on ne touchera au steak tartare. Petit bestiaire du lieu où l'on célèbre le parasite.

 

 

Dans le quartier de Meguro, entre un magasin de vintage hawaïen et une école secondaire, se tient un petit musée de deux étages pragmatiquement baptisé Meguro Parasitological Museum. On y admire des jarres bleues et noires qui contiennent de bien étranges créatures, aux formes simples et angoissantes, immortalisées pour l'éternité dans le formol. Elles ont toutes été l'hôte d'un corps animal ou humain, et dans bien des cas elles ont aussi été cause de décès.

 

 

Des nouilles en jarre au steak semi-tumoral, on nous montre le vrai visage des ces hôtes incongrus qui sont au demeurant les seules créatures de ce monde à ne pas devoir craindre les parasites.

 

 

Vous ne verrez plus jamais vos animaux domestiques de la même manière, parce que dans bien des cas, ce sont les chiens, les chats et les oiseaux qui relayaient les parasites.

 

 

Et les aquariophiles ne sont pas en reste, car beaucoup de ces êtres bizarres vont et viennent dans l'élément aqueux et ses habitants.

 

 

Sachez pour la petite histoire qu'un oiseau -aussi noble soit-il- peut véhiculer une bonne trentaine de parasites différents.

 

 

Une caractéristique notable de certains parasites humains, c'est qu'ils ne se contentent pas de rester à l'intérieur de vous. Ils traversent la peau et profitent du soleil.

 

 

À l'époque où les réseaux sociaux devenaient mainstream, les magazines féminins rivalisaient d'imagination pour proposer des trucs et astuces visant à faire de bonnes photos de profil: On conseillait de ne pas regarder l'objectif pour faire spontané, ou de faire ressortir sa bouche pour faire sensuel. Mais bien peu -trop peu- ont pensé au parasites génitaux, qui retiennent incontestablement l'attention.

 

 

La grande star de cette exposition spectaculaire, c'est le ver solitaire, décliné sous toutes ses formes et variétés. Un très bon outil de prévention contre le fist-fucking.

 

 

L'incontournable attraction du musée, le Brad Pitt des parasites, c'est ce ver de neuf mètres de long ici aux côtés de Nico.

 

 

Ça m'a rappelé mes cours de biologie, j'avais un professeur qui se vantait d'élever un ver solitaire depuis des années—dans lui. Cela lui permettait d'avoir toujours quelques échantillons à disposition pour sa recherche, car le ver solitaire dépose ses œufs dans les selles, qui sont ensuite mangées par des animaux que nous mangeons à notre tour, héritant ainsi d'un nouveau compagnon pour nos organes internes.

 

Le parasite bling-bling est bien-sûr au rendez-vous, avec une jolie collection printemps-été de t-shirts aux effigies de ces bêtes qui sont ici célébrées comme il se doit, plus quelques accessoires genre porte-clés contenant carrément de vrais parasites. À envisager si vous avez trop d'amis.

 

 

Ce musée, destiné entre autre aux écoliers, ne manque pas de rappeler que les enfants (surtout pauvres) sont, en dépit de leur innocence et de leur jeunesse, des hôtes de choix.

 

 

Lorsque nous ressortons du musée, je ne suis pas certain de pouvoir manger à nouveau de la nourriture qui ne soit pas lourdement traitée aux pesticides ou certifiée à 100% artificielle. Et d'une certaine manière, j'ai re-perdu ma virginité. Mais ce qu'il faut vraiment retenir je crois, c'est que les parasites se développent dans les chairs comme la mauvaise herbe sur un terrain vague; à ce titre, ils méritent la dénomination de 'fleurs de viande'.